Rapport n°1
Monsieur le Maire, Cher(e)s Collègues,
Après plusieurs annonces sans suite, cette fois nous y sommes !
Après avoir adopté, à l’unanimité, le 30 juin 2008, notre volonté de rénover, d’agrandir et de couvrir le stade Vélodrome, vous nous présentez, aujourd’hui, le projet de reconfiguration du stade et de ses abords avec le lancement de la procédure d’un contrat de partenariat.
Suite logique, j’en conviens, mais quel en a été le facteur déclencheur ? La volonté de la France de présenter sa candidature à l’organisation de l’Euro 2016 ?
Alors soyons prudents, même si nous nous devons de confirmer rapidement notre engagement dans le projet que vous nous présentez, notamment en raison du cahier des charges de l’UEFA, les délais qui nous sont impartis ne doivent pas remettre en cause les véritables besoins d’aménagements.
Ne réitérons pas les mêmes erreurs que dans le passé car le constat est sans appel : le stade Vélodrome est obsolète.
Or, les maux du deuxième plus grand stade de l'Hexagone, derrière le stade de France, sont
liés à des problématiques économiques :
"Le (nouveau) Vélodrome paraît déjà obsolète alors qu'il n'a que... 11 ans. Cela caractérise bien le cas français, on fait ou refait les choses avec le plus petit budget possible. Mais comme on les fait mal, on est obligé de recommencer quelques années plus tard".
Dès lors, je ne rentrerai pas dans une polémique, mais si je reprends les chiffres du rapport d’études présenté à la commission des services publics :
Pour la Coupe du monde 1998, sur 600 millions d’euros d’investissements pour les stades, la France a malheureusement concentré plus de la moitié de ce budget, soit 420 millions d’euros, pour le Stade de France, au détriment des autres stades français pour lesquels ne restait qu’une enveloppe de 180 millions d’euros à se partager.
Je refermerai, ici, ma parenthèse au risque de passer pour un supporter Marseillais chauvin.
Aussi, soyons vigilants, Monsieur le Maire, Cher (e) s Collègues, sur les aménagements du stade : confort des spectateurs, aménagement du stade et conception de sa couverture.
Bien évidemment, la priorité c’est la couverture pour qui ce manque cruel suffit à rendre le stade "indigne des grands événements et indigne de Marseille".
Souvenez-vous, on a pu récemment encore l’entendre avec les critiques émises après le match France-Argentine, le 11 février dernier.
En effet, "Trop ouvert", "trop venteux"... Le remède miracle des supporters pour obtenir cette résonance acoustique qui leur manque tant est, bien sûr, un toit.
Mais prenons, aussi, les autres réels besoins d’aménagements : le nombre de places ou, par exemple, que dire de la tribune Ganay qui repose sur des structures béton datant de l'ancienne tribune Ganay, c’est-à-dire de 1937 !
J’en conviens, Monsieur le Maire, ce sont des détails qui seront étudiés en temps et en heure, nous n’en sommes qu’au lancement du contrat de partenariat, mais je me répète, ne commettons pas les mêmes erreurs que par le passé.
Le jeu en vaut la chandelle !
Ce nouveau challenge, qui s’offre à notre ville, aux Marseillaises et aux Marseillais que nous sommes, doit être un nouveau symbole fort, une fierté pour nous tous.
Après Marseille Capitale de l’Eau en 2012 avec le Forum mondial de l’Eau, Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture en 2013, relevons ensemble ce nouveau défi.
Marseille s’affirme de plus en plus dans son rayonnement International.
Dès lors, je vous propose Monsieur le Maire, d’avoir une démarche de démocratie participative, aussi bien sur la modernisation du stade que dans le projet urbain.
Tous les partenaires, notamment, du milieu économique, de l’urbanisme, du monde associatif, sportif, et les habitants doivent êtres représentés et associés.
Ce projet et ses annexes doivent faire l’objet de décisions concertées avec l’ensemble des acteurs.
Et, j’irai même plus loin, je suis favorable à une concertation d’ensemble, une démocratie participative de Marseille et son agglomération, au-delà de la Communauté Urbaine.
De plus, ce projet de reconfiguration du stade est associé à la revalorisation de ses abords avec un projet urbain. Ce projet urbain doit être accepté par les riverains, par les associations de commerçants. L’étude d’impact d’une nouvelle zone commerciale dans ce secteur ne doit pas nuire, effacer l’attractivité des autres zones environnantes.
Au vu de la mission d’évaluation que vous avez demandée, il est d’ailleurs recommandé et je cite :
« Le projet commercial doit donc permettre de développer une offre complémentaire à celle des autres en centre ville (…) pouvant fonctionner avec l’hyper centre en bipolarité ».
Il est vrai que c’est un chantier de grande envergure qui se dessine avec un programme immobilier et la construction de parkings, avec un développement d’activités hôtelières, de restauration et commerciales qui, selon le rapport d’évaluation préalable annexé, devront être « dans le respect d’un cahier des charges garantissant une affectation conforme à la vocation du pôle d’attractivité et à l’équilibre urbain qui sera défini par la ville. »
Le tout bien évidemment devra prendre à chaque étape le concept du développement durable et se noyer dans le paysage existant.
Monsieur le Maire, pour concrétiser ce projet, vous nous présentez, aujourd’hui, un rapport pour le lancement d’un contrat de partenariat.
Aussi, comme je l’avais dit publiquement dans une note parue sur mon blog en Décembre 2007, en réponse à l’annonce de votre municipalité dans le quotidien La Provence (07 décembre 2007) que la couverture du stade Vélodrome pourrait intervenir au moyen d’une concession, j’étais totalement opposé à un tel projet car pour moi l’inconvénient majeur de ce système était que l’investisseur qui réaliserait la couverture ne s’engagerait pas à perte.
Il se rémunérerait, comme la loi l’y autorise, sur les usagers, autrement dit à chaque fois qu’une manifestation aurait lieu au stade Vélodrome.
Or, l’OM est à ce jour la société qui utilise le plus souvent le stade.
Il aurait donc été à craindre que le coût de la couverture soit reporté sur les comptes de l’OM et, in fine, sur le prix des abonnements.
Par contre, Monsieur le Maire, j’étais très favorable à la couverture du stade Vélodrome, mais via d’autres montages financiers, qui n’auraient pas d’incidence sur les abonnements, en permettant à l’investisseur de se rémunérer sur d’autres sources que la billetterie du stade, la location de locaux aux abords du Vélodrome, par exemple.
Ainsi, modestement, permettez-moi aujourd’hui de penser que mon idée était la bonne.
Puis-je prétendre que vous auriez gardé ma note dans vos archives ?
Allons, trêve de plaisanterie, votre changement d’optique est surtout guidé par l’étude faite dans votre rapport d’évaluation préalable qui met en comparaison les 2 scénarii retenus sur les 4 envisagés, le schéma concessif et le contrat de partenariat.
Une fois distillés les avantages et les inconvénients de chacun des scénarii, vous choisissez le contrat de partenariat.
Pourquoi ce choix ?
- Des conditions de financement plus favorables que la concession avec un dispositif amélioré par les récentes lois du 28 juillet 2008 et du 17 février 2009.
- Un contexte financier plus défavorable à la concession de service public qu’au contrat de partenariat pour un projet aux alentours de 160 millions d’euros.
En effet, avec l’importante crise financière et bancaire que nous subissons, et compte tenu de l’instabilité des marchés, l’écart de besoins de subventions d’investissement peut aller jusqu’à 35 % entre les 2 schémas en faveur du contrat de partenariat.
- Une durée d’exploitation de 35 ans au lieu de 70 ans en concession ;
- Un partenariat global avec un contrat à la fois sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation, l’entretien et la maintenance ainsi que la valorisation d’un programme immobilier connexe avec un pôle d’activités par la création d’activités économiques, connexes et annexes : projet d’hôtellerie et de restauration, espaces de séminaires, spectacles et concerts.
- Une meilleure maîtrise du projet par la Ville donc le maintien de la maîtrise du service public.
Et c’est, d’ailleurs, ce dernier point qui fait que notre groupe est très favorable à ce projet et c’est même la raison essentielle pour laquelle nous ne sommes pas opposés à ce projet, raison que vous avez d’ailleurs notifiée dans le rectificatif valant substitution du rapport n°1 en rajoutant, je cite :
« Ce dispositif pourra également permettre le maintien en régie municipale de l’exploitation du Stade Vélodrome sur la base de ses activités actuelles ».
À nos yeux, c‘est un des éléments forts qui garantit la maîtrise publique et, par là même, la non marchandisation sportive.
Notre ville restera, donc, dans la logique investissement public et maîtrise publique, avec possibilité de mettre en place un contrat de partenariat privé.
Ainsi, à Marseille, nous ne sommes pas dans la même logique que celle qui a motivée le vote CONTRE de ma collègue députée, Marie-George BUFFET, à l’Assemblée Nationale puisque pour le stade Vélodrome c'est bien une gestion en régie publique que nous allons adopter, aujourd’hui.
Monsieur le Maire, nous sommes satisfaits d’avoir été entendus.
Les Marseillaises et les Marseillais sont fiers de leur club, de leur stade, de leur ville. Et pourquoi ne pas rêver à l’Euro 2016 après la Coupe du monde 1998 ? Ce serait un véritable challenge pour Marseille.
Mais, sachons garder l’authenticité de notre stade, à l’instar de grandes capitales où, bien souvent, les stades ne sont que des vecteurs qui contribuent à la spéculation immobilière et où l'on transforme les enceintes sportives en véritables temples du marché.
Sachons préserver la dimension éthique du sport comme le prônait Pierre de Coubertin. L’éthique du sport ne peut être insensible au fait que le sport est souvent considéré comme une grande école du courage, de liberté, de persévérance, d’endurance, de fair-play, qu’il est un lieu où la personne peut apprendre à la fois à s’engager personnellement et à rencontrer les autres, à collaborer avec eux, à les respecter et à tenir compte d’eux.
Aussi, la France candidate à l’organisation de l’Euro 2016 soit, mais pas à n’importe quel prix.
Ayons une démarche de démocratie participative dans l’élaboration du projet puisque nous en sommes qu’à l’ébauche.
Nous voulons tous le meilleur pour le stade Vélodrome, symbole emblématique de notre ville, reflet de Marseille.
Nous sommes tous supporters de l’OM, il ne peut en être autrement quand on est Marseillais.
Aussi, pour toutes ces raisons, notre groupe votera pour ce projet.
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